Mai16

Interview We Were Evergreen

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Par Clément Gasc (Agorafrog)

Interview We Were Evergreen

En collaboration avec Agorafrog

We Were Evergreen est un joyeux trio français, qui a donné naissance à une pop colorée, entre douce euphorie et forts relents de “fanfare débridée“, qui caractérise leur “twee pop” énergique, faisant la joie du public des festivals et autres premières parties qu’ils ont fièrement assurés. Michael (vocals, guitar, banjo, ukulélé), Fabienne (vocals, piano, keyboards, glockenspiel, toy piano,harmonica, kazoo) et William (vocals, drums, percussions, bass, electric guitars, piano, keyboards, loops), tous les trois originaires de Paris, mais vivants à Londres, nous concoctent des mélodies entraînantes, portées par un subtil mélange de voix féminines et masculines, jonglant avec une facilité déconcertante. On oscille entre une électro-acoustique, des ballades énergiques à la guitare et des accents indie  folk à la fois festifs et nostalgiques, où ukulélé, trompette et glockenspiel viennent renforcer les autres instruments, pour magnifier et sublimer le tout.

Voir le clip de "Baby Blue"

Parlez-moi de votre actu ?

Fabienne - Notre actu : on sort un single, au début du mois de juin, « Baby Blue », avec une face B « Second Hand ». Juste avant cette sortie, nous avons un concert à Londres, en tête d’affiche au Bush Hall, pour fêter ça. Et après, nous allons faire  des festivals cet été en Angleterre et en France.

Michael - On fait Solidays en France et Les Francofolies à La Rochelle.

Qu’est-ce que ça vous fait de jouer avec Baxter Dury ?

Fabienne - C’est génial de faire la première partie de Baxter Dury, on a déjà joué avec  lui, une fois au Point Ephémère et on a fait également une de ses premières parties à Londres. En plus, Le Trianon est une scène absolument magique.

Michael - On a joué une chanson à l’Olympia, pour le Prix Constantin, donc le fait que la scène soit particulièrement mythique, ça fait forcément quelque chose.

Et comment appréhendez-vous le fait de jouer dans des salles très différentes ?

William - En fait, nous n’avons pas le temps de nous préparer, car on enchaîne les concerts. Par exemple, pour l’Olympia, nous avions fait une énorme journée de répètes, juste pour un morceau, pour que tout soit parfait. C’était un morceau pour convaincre, en ouverture et il fallait envoyer. Sur de grosses scènes et en fonction de la longueur du set, on va bosser vachement, comme à Londres par exemple, où l’on va faire un vrai show, avec décor et mise en scène. Alors que là, la tournée européenne que l’on vient de faire, c’était trente minutes maximum.

Michael - C’est une sorte d’exercice de style où l’on doit se dire « on a trente minutes, pour  faire un truc assez versatile, qui montre l’étendue de ce que l’on a envie de faire ». C’est assez excitant, car on doit trouver ce qui marche le mieux, pour que tout soit fluide. Après, je pense que la taille des scènes n’est pas si importante que ça.

Fabienne - Je pense qu’il faut apprendre à gérer son émotion. Nous avons fait la première partie de Selah Sue au Zénith de Lille, et c’est notre plus grosse salle, il y avait 6500/7000 personnes. C’était énorme et hyper émouvant. Donc du coup, le moindre petit retour a un impact de malade.

Acceptez-vous la petite étiquette twee pop et ce petit côté coloré et lumineux?

Fabienne - Noooooooon!!! C’est juste que nous sommes gentils.  On tord le cou à la twee haha!!!

Michael - Coloré et lumineux oui. Dans les thèmes abordés, il y a une relation à l’enfance, nous utilisons volontairement des instruments, qui font très « choses petites et mignonnes », nous avons envie de dépasser et transporter ça sur des univers plus adultes et faire un lien entre les deux. Après, si les gens, nous catégorisent twee pop, c’est un petit peu dommage, mais on ne peut rien n’y faire.

Le fait d’utiliser des instruments différents type le glockenspiel part-il d’une intention de sortir un peu des sentiers battus ?

Fabienne - Oui, à part que notre glockenspiel bleu, quasiment tous les groupes l’ont et du coup, nous avons un xylophone rouge, et les gens l’ont moins celui-là. On essaye d’arranger les morceaux, pour qu’ils ne ressemblent à rien d’autre.

William - Ce n’est pas une stratégie que l’on met en place, mais comme on nous parle de twee pop, du coup on essaye de casser ça et de sortir des sentiers battus, c’est vrai que ça nous intéresse, ça nous motive et ça nous excite de travailler, dans des univers différents, avec des gens et des instruments peu communs.

Michael - Ceci dit, un ukulélé tout le monde en a un aujourd’hui. L’idée c’est d’emprunter des instruments propres à la folk et d’en faire quelque chose de différent. Ce qui nous intéresse en ce moment et c’est un travail constant, c’est de chercher des sons, de les travailler avec nos instruments et d’aller vers des sonorités peu communes qui nous représentent et qui sont propres à notre univers. Fabienne s’occupe des claviers plus électroniques, William s’occupe de la partie percussive, avec basse. Moi j’assume le petit côté enfantin, avec ukulélé et trompette.

Votre envie c’est de dégager une sorte d’enthousiasme communicatif et de gaîté folâtre ?

William - Le principe, c’est de partir de quelque chose, qui nous touchent nous. On ne va pas présenter quelque chose qui ne nous fait rien. Il faut que l’on se sente bien dans le morceau. Nous sommes super contents, lorsque le public réagit bien pendant le concert. Mais on ne crachera pas sur le fait de faire un morceau un peu plus triste, qui touchent les gens, c’est intéressant aussi.

On a parlé de ce côté coloré et lumineux, mais on sent aussi un aspect mélancolique et nostalgique, donc vous aimez jouer sur cette ambivalence-là ?

Michael - Si tu l’as senti, déjà c’est cool. Après, c’est intéressant et ça apporte aussi de l’humanité. Ce ne sont pas que des choses festives et gaies, l’idée c’est d’avoir un truc plus complet, avec des textes parfois mélancoliques et nostalgiques, des différences et des nuances.

Fabienne - Nous ne sommes pas des lapins Duracell !!! L’idée c’est qu’il y ait des nuances.

William - La nuance pop !!

Vous sentez-vous proches des univers de Cocoon ou Lilly Wood & The Prick ?

Fabienne - On essaye de ne pas leur ressembler.

William - Ce sont des choses que je n’écoute pas du tout.

Et Family Of The Year, pour leur usage du glockenspiel ?

Michael - Peut-être plus Family Of The Year. Mais on existe depuis quatre ans, nous avons évolué et nos influences ont changé.  Ce que nous sommes maintenant,  c’est le résultat et l’aboutissement d’un ensemble d’influences. Je pense que nous avons des influences communes avec des groupes comme Cocoon ou Lilly Wood, surtout que nous sommes issus de la même génération. Mais je trouve ça un petit peu facile de nous comparer à Cocoon, juste parce que nous utilisons un ukulélé et parce ce que nous sommes un groupe mixte.

Vous faites partie d’une scène indé en pleine essor. Quels artistes suivez-vous tout particulièrement ?

Fabienne - Justement, parmi les nombreux tremplins qu’on fait, on croise souvent les mêmes têtes. Il y a Concrete Knives, que l’on retrouve, avec plaisir, à chaque fois.

Michael - Il y a MONDRIAN, ce sont nos potes !!

William - Frànçois & The Atlas Mountains, même si on ne les a pas rencontrés. On trouve qu’ils ont développé quelque chose de vraiment personnel, au niveau de la scène indépendante française.

Vous, qui résidez à Londres, quelles différences percevez-vous entre la scène indépendante anglaise et notre scène francophone ?

Michael - Il y a du bien partout et je ne pense pas qu’il y ait une supériorité de Londres, par rapport à Paris ou d’autres villes françaises, ou inversement. A Londres, on sait clairement ce que les gens écoutent, il y a des choses qui sont à la mode et qui ne le sont pas en France. Les spécialités et les scènes sont différentes.

Fabienne - Les gens que nous avons rencontrés, à Londres, lors de nos premiers concerts, étaient « très rock » et ne tendaient pas forcément vers ce que nous faisions.

William - Ça nous a pas mal servi d’ailleurs !! On nous a introduits sur des sets, sur lesquels, il y avait quatre groupes, et nous étions les seuls à faire de la pop. Du coup les gens au début, ils trouvaient ça ridicule et à la fin, ils avaient le sourire, parce que ça changeait de l’ordinaire.

Michael - C’est cool, car cela nous permet de voir des choses, auxquelles nous n’étions pas forcément habitués.

Fabienne - Et nous avons fait de super premières parties, nous avons rencontré Michael Kiwanuka et Baxter Dury !!

Quelles sont vos attentes pour les prochaines semaines ?

William - On a hâte d’avoir les réactions par rapport à notre petite actu, cette sortie digitale et physique, nos concerts, début juin. Puis, après la série de festivals cet été, on va se plonger dans la préparation de l’album.

Dernière question, pourquoi Evergreen…parce que attirés par la botanique ?

Michael - Parce que nous sommes assez attirés par les consonances des mots, plus que par leur sens eux­-mêmes. Il y a un truc intéressant avec We Were Evergreen, tous ces e, et la phrase qui mélange passé-présent. L’idée c’était de mélanger des éléments, qui rappellent à la fois le passé et la nostalgie de l’enfance, et quelque chose de plus mature, le tout résultant de cet alliage, que l’on essaye de mettre en place, avec la musique.

(Photo Raphael Daniel)

le 11 mai 2012 à Brighton (UK), le 15 mai à Amsterdam, le 23 mai aux Francofolies à La Rochelle, le 29 mai à Londres…

Remerciements: We Were Evergreen, Camille H

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