Juil17

Interview Rhum for Pauline

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Par Clément Gasc (Agorafrog)

Interview Rhum for Pauline

En collaboration avec Agorafrog

Rhum for Pauline c‘est l’histoire d’un petit bijou indie-pop en provenance de Nantes, et qui incarne la vibration west-coast  à la française d’une musique kaléidoscopique au goût prononcé pour les instrumentations intemporelles et addictives. Guidé par la voix charismatique de Romain au chant qui nous emporte dans un univers presque angélique, le quatuor nantais (Romain Lallement, Pol Tessier, Thibaud Vanhooland et Emile Ployaert) sort du lot avec des titres éblouissants de justesse, sans fausse note et d’une cohérence inouïe. Ces quatre garçons prouvent leur statut d’outsiders de l’industrie musicale, parvenant à faire une fusion de leurs styles favoris, arrosant le public de mélodies limpides diablement efficaces et de chansons lumineuses et pétillantes qui pourraient arracher un sourire à l’auditeur le plus endurci. Après un premier EP “Miami“en 2010, produit par Pegase et mixé par Anoraak, ils en ont sorti un deuxième « Can Reach The Top » le 26 janvier 2012, avec notamment l’excellent single “I Can Reach the Top“, porté par un vent de fraîcheur et de légèreté.

Voir le clip de "I can reach the top"

Prenez-vous Rhum for Pauline comme un side-project ? Sorte de projet annexe mené en parallèle, notamment de Minitel Rose et d’Elephanz ?

Emile : C’est vraiment notre projet à tous les quatre, dans lequel on est le plus investi. C’est notre projet principal à nous, après nous faisons des choses à côté dans des groupes qui sont intéressants, mais dans lesquels on ne participe pas de la même manière, en termes de composition. On apporte des choses de nos expériences personnelles, mais nous sommes là comme side-man.

Thibaud, les autres membres d’Elephanz ont-ils un regard sur ton travail au sein de Rhum for Pauline ?

Thibaud : Les gars d’Elephanz viennent aux concerts de Rhum for Pauline, et inversement. Mais c’est aussi très propre à la musique à Nantes. Les groupes, au-delà de s’entraider vont se voir en concert et s’écoutent. On passe du temps ensemble et on boit des coups ! Et puis même, nous avons fait Rhum for Pauline, parce que nous avions des groupes à côté, notamment Emile et moi. C’est comme ça que Romain et Pol nous ont vus.

Emile : Disons que Nantes est une petite ville, je crois que c’est la sixième ville de France, contrairement à une ville tentaculaire comme Paris, il y a un centre-ville bien défini, finalement on en fait le tour assez rapidement. A partir du moment où tu es intéressé par la musique, tu vas voir des concerts, tu traines dans des endroits dans lesquels tu te fais pote avec des musiciens. C’est comme ça que je suis rentré dans le groupe, tout comme Thibaud, à force de sortir et de voir des gens. On a tous vu chaque groupe en concert à peu près une fois.

Romain : Très vite après avoir intégré Rhum for Pauline, Emile et Thibaud ont intégré Minitel Rose et Elephanz. A partir du moment où tu as une certaine ancienneté à Nantes et que tu essaies de faire grandir ton projet, de toute manière tu as connaissance de tout ce qui s’y fait musicalement.

Souhaitez-vous conquérir un très grand nombre d’oreilles ?

Emile : On veut vivre des concerts, faire de bons morceaux et puis toucher un maximum de personnes possible. On ne travaille pas pour que ça leur parle, on fait de la pop, donc oui c’est une musique qui va toucher des gens, mais on ne calcule pas ce côté. Avant d’être musicien, nous sommes d’abord des gens qui écoutons de la musique, ça parait bateau, mais nous achetons des disques, on paye nos places de concerts, on a chacun un budget pour ça. Nous sommes tous intéressés par cet aspect-là, tout ne nous intéresse pas, mais ce qui est bon à prendre, on le prend. On a toujours essayé d’intégrer un maximum de choses à notre musique.

Romain : Bien évidemment, si notre musique plait à un plus grand nombre que ça ne l’est actuellement, tant mieux, après nous ne ferons pas de compromissions. Il faut juste rester intègre par rapport à ce que tu écris. C’est le cas de plein de groupes, je ne crache pas là-dessus, mais ce n’est ni notre objectif, ni notre leitmotiv.

Comment  expliquez-vous cette bluffante alchimie qui s’entend dans le moindre refrain ?

Romain : A la base, on est intimement lié, on est potes et c’est pour ça qu’on fait de la musique ensemble. Et c’est également parce qu’on fait de la musique qu’on est devenu hyper pote.  On vient tous d’univers musicaux différents, on a tous des caractères très différents, mais c’est ça qui fait notre force aussi, c’est d’arriver à cohabiter ensemble musicalement et d’arriver à porter quelque chose sur lequel on se rejoint. Faire de la pop et des chansons qui communiquent des choses…transmettre ça de la manière la plus sincère, la plus sauvage sur scène.

Emile : Il n’y a pas cinquante manières de sonner pour que ça nous plaise à tous. Il y a un point où on communique, où ça fonctionne et où le morceau nous plait à tous les quatre. Après forcément, comme nous écoutons des choses très différentes, il y a un moment donné où ça devient de la pop, parce que ça plait à quatre mecs très différents donc fatalement peut-être que ça va plaire à d’autres gens et que ça va se retenir. Mais nous n’écoutons pas tous pour autant de la pop.

D’où vient cette science de l’arrangement et ce côté catchy, notamment pour I Can Reach the Top ?

Romain : Justement pour I Can Reach the Top, on a passé des heures et des heures avant de trouver la fameuse symbiose. Nous étions partis d’un truc super simple avec cette volonté d’avoir quelque chose d’extrêmement spontané dans cette chanson. Ça nous a pris tout l’été, mine de rien nous nous sommes arrachés les cheveux avant de trouver un truc qui nous paraissait simple, percussif et beau ! C’est là où tu vois que les choses les plus simples sont souvent jouées par des tueurs, qui savent trop bien écrire genre The Black Keys ou The White Stripes.

Thibaud : Juste avant de faire I Can Reach the Top, on s’est retrouvé à enregistrer tous les morceaux que nous avions envie de mettre sur cet EP. Et nous nous sommes rendu compte en fait, qu’on ne faisait que de l’arrangement sur parfois deux accords sur un morceau. De là, on s’est dit qu’il fallait qu’on déconstruise tous ces morceaux et qu’on les retravaille de A à Z, pour en faire de vraies compositions, qui tiennent avec guitare et chant. On aime beaucoup les arrangements, on se prend beaucoup la tête là-dessus et du coup, nous sommes repartis d’un truc vachement plus simple et nous avons réintégré tout le travail, ça faisait deux ans que nous arrangions des bouts de morceaux.

Etes-vous particulièrement tournés vers le passé ?

Thibaud : On est très tourné vers le passé de par ce qu’on écoute. De toute façon, tout le monde se tourne vers le passé. Tu es obligé de regarder tout ce qui se fait à côté, sinon tu n’avances pas !

Romain : On a vécu l’arrivée d’Internet, et du coup ça a ouvert des portes puissance 3000 par rapport à avant ou tu pouvais passer des mois avant de choper une exclu chez un disquaire… maintenant en deux clics c’est fait ! Si on se cantonnait uniquement à découvrir les disques qu’on achetait, nous n’irions pas loin !

Kings Of Leon et Wild Beasts sont-ils des groupes dont vous vous sentez proches?

Emile : Wild Beasts, je les ai vus sur scène, j’ai trouvé ça affreux !

Romain : J’aime bien Wild Beasts, il y a une phase de Two Dancers que je trouve cool, mais sans plus ! Par contre Kings of Leon, je suis complètement fan d’Aha Shake Heartbreak, mais je n’ai pas suivi ce qu’ils ont fait après. Peut-être plus dans l’énergie !! 

Thibaud : Vu que nous avons écouté plein de styles très différents, la musique qu’on fait ne ressemble pas forcément à celle qu’on écoute.

Y-a-t-il eu des influences blues et également soul ?

Thibaud : On a eu une grande période où nous écoutions beaucoup de musique soul.

Romain : C’est drôle, mais encore une fois nous sommes les moins bien placés pour parler de notre musique et pour définir telle ou telle sonorité.

L’exemple versaillais Phoenix est-il un modèle à suivre pour une jeune formation comme la vôtre ?

Emile : En termes de carrière, oui ! Dans un certain sens, c’est un groupe assez exemplaire, parce qu’ils font des albums dans une veine bien spéciale à chaque fois, c’est toujours très différent et ils bossent avec des réal. Ils font des choses avec des synthés qui peuvent être assez psychés. Dans ce sens-là, oui c’est un groupe exemplaire, parce qu’à côté de ça, ils cartonnent en radio ! C’est un groupe qui peut passer sur NRJ et qui peut sortir en même temps un des albums les plus classes de l’année. Moi je trouve que c’est un groupe exemplaire, Air, Phoenix, Daft Punk…c’est une famille bien à part, ce sont les versaillais de la musique française !

J’ai pu remarquer que le public était très féminin lors de vos concerts. Avez-vous cette envie toute particulière de faire danser les filles ?

Thibaud : Il y a aussi beaucoup de groupes avec des garçons !! Les filles vont voir les garçons sur scène, c’est pour ça !! J’imagine que lors des concerts des Plasticines, il doit y avoir aussi plein de mecs, parce qu’ils vont voir des filles jouer !! Après les filles c’est un bonus !

Romain : C’est sûr que si nous avions un parterre de cinquantenaires barbus fumant la pipe, on serait un peu moins funky !

Emile : Ça revient à la même chose, on fait de la musique, parce qu’on aime ça !

Que peut-on vous souhaiter pour les prochains mois ?

Emile : Finir les mois en positif grâce à la musique !! Tu peux nous souhaiter de trouver cette espèce de science infuse qui te permet d’écrire des tubes qui ne se périment jamais !

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