Sep26

Interview Mila Auguste

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Par Clément Gasc (Agorafrog)

Photo : Elise Grynbaum

En collaboration avec Agorafrog

Originaire de Porto Vecchio, Mila Auguste est une jeune artiste talentueuse à l’univers musical très marqué, avec un son pop folk, qui conjugue influences anglo-saxonnes, poésie à la française et percussions africaines. Définitivement inclassable et pourtant très identifiable, son timbre de voix ne laisse personne indifférent, entre pop lumineuse et folk à la fraîcheur instantanée, véhiculant sa douceur et imposant ses émotions profondes et passionnées.

Voir le clip de "Help Myself"


Dans un premier temps, peux-tu te présenter pour les personnes qui ne connaissent pas encore Mila Auguste ?

Je m’appelle Mila Auguste, c’est un pseudo qui est très proche de mon vrai nom. Je fais de la musique, j’écris, je compose et je suis en train de préparer un album.

Où commence ton univers ?

Je crois que c’est compliqué à définir surtout quand c’est le sien. C’est de l’indé, il y a de la folk et un peu de blues.

 Quelles sont tes envies et où sont les frontières de ton univers esthétiquement ?

J’ai des envies, mais je ne me donne pas de limites ni de frontières, car c’est anti-créatif. Ce qui m’influence beaucoup en ce moment, ce sont les percussions africaines, puisque mon frère (Thibault) est percussionniste et il a appris avec des Djembéfola. Donc sur mon album, il y aura beaucoup de percussions et davantage de piano par rapport à avant.

Quels sont tes désirstes projets ?

J’écris mon album, j’ai des rendez-vous avec des maisons de disques et des labels indépendants. Je suis en train de préparer un autre clip pour un morceau qui n’est pas encore sorti. Je suis aussi en train de monter un collectif d’artistes. Voilà il y a plein de projets en cours.

Peux-tu nous faire quelques confidences sur l’album que tu prépares, histoire de mettre l’eau à la bouche ?

Cet album sera en français. Il y aura plein de percussions, de la poésie et ce sera assez gai et enjoué. Il pourrait sortir au printemps 2013, ça commence à bien se dessiner. Il y a une dizaine de titres, pas mal que j’ai mis de côté, pas mal en chantier.

Quels sont les thèmes principaux que tu aborderas ?

La lutte entre la nature et la ville. Le retour aux sources, la simplicité, se retrouver simplement les uns et les autres, le dialogue, l’amour. Forcément, l’amour on ne peut pas y couper.

Cibles-tu un public précis ?

En concert, je joue pas mal de morceaux qui ne sont pas encore sortis. Ça touche toutes les générations et des gens d’horizons très divers.

Comment as-tu commencé à faire de la musique ?

J’ai passé mon bac, ensuite j’ai fait deux mois de Cours Florent, mais j’ai arrêté, c’était trop l’usine, ça ne me plaisait pas. J’arrivais de Corse à ce moment-là, je voulais faire un parallèle avec le théâtre, puisque c’est un univers qui m’inspire beaucoup. C’est un vrai challenge pour moi de mêler le rire à la poésie, ainsi qu’avec la musique. C’est très compliqué, mais c’est mon challenge ultime d’arriver à mêler tout ça. Après j’ai fait deux ans à la Manufacture Chanson, c’est une école d’auteur-compositeur-interprète. Puis j’ai bossé avec Dino Trifunovic (guitariste d’ALISTER entre autre). On a bossé pendant un an sur un projet en français. Le projet s’est essoufflé, on a arrêté, mais j’ai appris plein de choses à ses côtés. Et puis le projet Mila Auguste.

En quelle année ton projet a pris forme ?

Ça fait un an et demi. En fait, j’ai rencontré le label Auraskymusic, je leur ai fait écouter des morceaux que j’avais fait seule et ils m’ont donné carte blanche pour me laisser faire des tests.

Ça donne quoi Mila Auguste en live ?

C’est plutôt gai…du sourire, de la pêche je pense. Ensuite, des guitares électriques et des percussions. Pour la tournée acoustique, nous sommes deux et sinon nous sommes trois, il y a une claviériste-choriste qui nous accompagnent. Je suis en train de réfléchir à des projections, (peut-être de peintures ou bien un fil conducteur qui tiendra tout le concert derrière nous), des interventions plus technologiques et visuelles sur scène. Mais je voudrais à terme créer quelque chose de beau en concert, pour que les gens se retrouvent baignés dans un univers bien particulier.

Quel est ton héritage musical ?

J’aime beaucoup Lhasa, et son majestueux album « La Llorona » . C’est une chanteuse américano-mexicaine, mais qui a fait un album en français aussi. J’aime beaucoup Camille et Björk. Toumast, c’est un groupe de blues touareg, j’ai beaucoup écouté l’album « Ishumar ».

Y a-t-il  des artistes français récents, que tu aimes bien ?

J’ai écouté Florent Marchet, je trouve ça super bien. Comment il s’appelle le bichon là, celui qui fait son clip avec les chiens ? Ah Julien Doré voilà, je trouve que c’est bien chiadé. Il est bien ce mec. Pauline Croze je trouve que c’est super beau ce qu’elle fait et Camille c’est toujours bien aussi.

Comme beaucoup d’artistes sans doute, tu absorbes toutes tes influences, telle une éponge. Mais comment s’arracher à ses propres influences pour parvenir à créer son propre son ?

J’essaie de faire mon chemin, sans trop écouter ce qui se fait en ce moment, pour ainsi faire le vide et pour ne pas être baigné par des influences trop proches. Pour l’EP, j’ai écouté beaucoup beaucoup de musique, j’ai passé des heures à la FNAC à farfouiller. Je suis une éponge et du coup, pour l’album en préparation, il est bon de faire le vide et de ne faire uniquement ce qu’on a dans la tête. Je pense que j’ai du caractère, une certaine personnalité et des goûts qui me sont propres, l’album sera mila augustien je l’espère.

Dans quel état d’esprit étais-tu pour enregistrer le titre « Help Myself » ?

« Help Myself » c’est un texte sur mon père et sur la solitude. C’est vraiment un bric à brac que j’ai fait seule à la maison et qu’on a réenregistré après. C’était hyper important pour moi de le mettre en image avec le clip. Pour moi, c’était le titre le plus important et peut-être le plus porteur.

Devenir chanteuse était-il un rêve de petite fille ?

Je n’y ai même pas réfléchi. Je suis née avec ça, on a beaucoup voyagé et beaucoup bougé. On a eu une enfance un peu bizarre et compliquée. La musique, ça nous a tenu mon frère et moi. Même si c’est difficile et que des fois on a envie d’arrêter, je sais que je ne pourrais pas stopper la musique comme ça. Quand je ne fais rien, pas de concerts pendant une semaine, je déprime. Donc je pense qu’il y a une raison à ça, et qu’il faut continuer.

Comment se déroule le processus de composition ?

La première phrase va venir avec la musique et ensuite je construis le texte plus longuement après. Si je fais une session de travail, ça peut prendre deux jours ou bien une semaine en condensé. Un bloc musique et texte pour le départ et ensuite vient la musique, les textes se construisant par-dessus. L’histoire et la recherche de mots viennent après.

Conçois-tu la musique comme une philosophie, une véritable thérapie qui t’amène au bonheur ?

Je pense que la musique aide à passer plein de moments difficiles, tout comme le rire d’ailleurs. Je pense que c’est un vrai et bon médicament. Pour moi, le rire et la musique, c’est primordial.

Quel est le lien qui t’unie à l’Afrique ?

En fait j’ai habité à Abidjan, en Côte d’Ivoire pendant un an étant petite. Ça nous a complétement retourné la tête et je suis un peu obsédé par l’Afrique, musicalement, par les influences, la chaleur des gens et la simplicité. Ça m’a beaucoup marqué même si j’étais petite, je n’avais que huit ans. Mais la simplicité, le rapport à la nature, la chaleur, la danse très intuitive. Ici on est stressé, on est un peu coincé, on a du mal à se lâcher…là-bas c’est simple, ça rit sans se contenir. Donc dans mon album, il y aura des percussions africaines, de la kora, c’est un peu la harpe africaine.

Enfin, une citation ou une petite phrase qui te caractérise bien?

« Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles ». C’est très commun, mais je crois que tous les gens qui font de la musique ou de l’art sont des rêveurs. C’est bien de continuer à rêver, c’est primordial.

Photos: Kelly Joaquina

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