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Déc05

Interview Moodoïd

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Rencontre avec Pablo Padovani

Interview Moodoïd

Par Benjamin Lépine

Guitariste de Melody’s Echo Chamber, réalisateur de clips, Pablo Padovani a choisi d’entrer dans la lumière en groupe et entouré exclusivement de filles. Fière signature du très inspiré label Entreprise aux côtés de Juniore, Lafayette, Superets ou Jérôme Echenoz, Moodoïd s’affiche aux Transmusicales avant de se plonger dans l’enregistrement de leur premier album.

Voir le clip de "Je suis la montagne"

Voir le clip de "De Folie Pure"

 

Pablo Padovani : "Je voulais absolument faire ces chansons avec des filles."

Comment est née l'idée du projet ?

J'étais un peu dans un moment de solitude, il y a un an et demi, et tout à coup est venu à moi tout un tas de chansons. J'ai donc eu l'envie de jouer ces chansons là, j'ai contacté des musiciennes car je voulais absolument faire ces chansons-là avec des filles.

Pourquoi avec des filles ?

J'ai eu beaucoup de groupes de garçons, c'était super mais ces chansons me sont venues parce que j'avais tout un tas de sentiments, d'émotions qui étaient très intimes. Je trouvais qu’il y avait un potentiel sensuel et féminin dans mes chansons et je me sentais pas de demander à des copains de chanter ces chansons avec moi. Je me suis dit que si je jouais avec des filles, il y aurait quelque chose de plus sensuel qui se dégagerait de l'interprétation. Et je crois que je ne me suis pas trompé.

Comment ont-elles trouvé leur place dans le groupe ?

On joue ensemble depuis le mois de juillet, je les ai toutes rencontrées de façons différentes. J'ai besoin d'être dans un univers familial, de me sentir vraiment ami avec les gens avec lesquels je travaille. Ces trois filles sont très différentes et en même temps leurs personnalités se complètent. Le fait d'être en tournée ou en répétition avec des femmes, ça me fait adopter une attitude différente, si je tournais avec quatre copains je sais que je ne serais pas du tout pareil, je serais plus lourd, je ferais des blagues plus salaces alors que là c'est un peu les femmes qui dominent, je trouve ça hyper agréable.

On perçoit un mix de styles dans tes compositions, d'où est venue l'envie de mélanger tout ça ?

Je peux pas m'enfermer dans un genre, quand je fais de la musique, jamais je me dis "tiens je vais faire que du rock ou que de la pop. J'écoute beaucoup de musiques différentes, du jazz, des musiques du monde et quand j'écris des chansons, tout est très vite logique. Je suis quelqu'un de très éclectique. J'ai une immense passion pour les instruments acoustiques, les instruments traditionnels notamment. Ca fait partie de mon travail de prendre des sonorités diverses et de les mélanger avec des sons plus digitaux. Prendre des vieux synthés des années 80 et de mettre ça avec par exemple un saz ou pourquoi pas une cornemuse.

Comment as-tu écrit les chansons ?

C'est souvent très différent d'une chanson à l'autre, tout est venu assez naturellement, il y en a par exemple où tout à coup, je commençais à chanter dans la rue, ou en prenant ma guitare, je trouvais le riff puis je brodais un texte par dessus mais c'est souvent la mélodie qui vient et ensuite j'ajoute un texte. J'ai jamais écrit de texte en me disant, ce texte-là je vais le mettre en musique.

Moodoïd a déjà eu deux clips dont un que tu as réalisé toi-même, ça fait partie du processus de création ?

Cet EP a été assez long à créer, ça nous a laissé beaucoup de temps pour préparer ces deux clips, le premier c'est Jérôme Walter qui l'a réalisé, on l'a terminé ensemble, j'ai fait le montage. On voulait faire une encyclopédie de la montagne à travers toutes les formes, les aliments, tout ce qui peut faire penser de près ou de loin à la montagne. Sur le deuxième clip c'était un peu la même idée, tout ce qui peut faire penser à l'exotisme avec un regard français, c'est pour ça que c'est des petits blancs qui dansent.

Tu es toujours grimé que ce soit sur scène ou dans les clips...

C'est vrai que j'ai jamais pu me dire « Pablo monte sur scène » comme là par exemple avec toi, j'ai besoin que le concert soit un spectacle et que les gens dans la salle n'aient pas d'à priori puisqu'ils voient juste des créatures en costume, des personnages et du coup y'a plus aucun critère de jugement possible, il n’a pas d’autre choix que d'écouter et de voir ce qui va se passer pour savoir.

Tu as aussi réalisé des clips pour d'autres groupes...

A l'origine je me destinais à faire de la réalisation avant qu'il m'arrive tout ce qui se passe en ce moment et du coup je continue en parallèle à faire de la réalisation. L'année dernière j'ai réalisé pas mal de clips pour des groupes parisiens, pour des amis et c'est une activité que je vais continuer à faire parce que pour moi c'est toujours un challenge de réussir à créer des images qui vont correspondre à une musique, à l'identité d'un groupe. Le clip est un support qui me plait beaucoup pour travailler.

L'EP a été mixé par Kevin Parker (Tame Impala), comment l'as-tu rencontré ?

Kevin a produit le disque de Melody's Echo Chamber et il s'avère qu'au moment où j'avais fini d'enregistrer mon disque et que je cherchais quelqu'un pour le mixer j'étais en tournée avec Melody et vu que j'étais assez désespéré, je me suis permis de contacter Kevin qui a accepté de mixer le disque.

Il avait carte blanche ?

En fait j'avais eu la folie des grandeurs sur cet EP, c'était mon premier enregistrement et j'avais beaucoup d'envies. J'avais beaucoup de pistes sur chaque chanson, 150 pistes par titre, c'était de grosses sessions, et ce qui a été assez génial dans cette collaboration c'est que j'ai du lui envoyer toutes les pistes par mail, ce qui est très lourd, j'ai donc du entreprendre un travail de sélection des pistes pour alléger un peu les sessions. Ensuite lui aussi a du prendre des décisions quand il a commencé le mix et c'est ça que j'apprécie beaucoup dans son travail, c'est quelqu'un qui sait faire des choix et des choix justes et c'est quelque chose que moi j'avais beaucoup de mal à faire sur cet EP là. Ca m'a beaucoup aidé d'avoir Kevin qui fasse ces propositions là, des propositions assez franches.

Vous avez fait un peu de scène, vous allez en faire encore ?

Je le souhaite, pour moi le live c'est quelque chose de très important, être en tournée et faire des concerts est une des choses que je préfère faire, et puis j’aime le rapport avec le public. On va jouer aux Transmusicales puis on va être obligé de faire une pause pour enregistrer le disque et on reprendra les concerts avec un album.

Pour quand ?

En début d'année prochaine j'espère. On enregistre en décembre et janvier, on mixe en février. J'espère que ça sera prêt pour le printemps.

Tu envisages le projet sur du long terme ?

C'est aussi le public qui décide, mais dans ce projet là j'ai beaucoup d'imagination, j'ai énormément d'envie et je ne pourrais pas tout faire dans un seul disque. Je souhaite donc que l'aventure puisse continuer un maximum de temps.

Tu envisages donc de continuer à chanter en parallèle de la vidéo ?

Pour l'instant mon activité principale est devenue la musique, j'ai la chance d'avoir cette possibilité et je vais saisir cette occasion. J'espère que le disque plaira suffisamment pour qu'on puisse continuer le plus longtemps possible.

Quelles sont tes influences musicales passées ou présentes ?

C'est très varié, quand j'étais adolescent j'ai beaucoup écouté de rock, j'aimais beaucoup les Brian Jonestown Massacre, les Dandy Warhols, les White Stripes, je suis un peu de cette génération des années 2000 où on a parlé du retour du rock. Après dans ma famille, c'est vrai que mon père qui est musicien et qui fait du jazz m'a aussi ouvert une grande discothèque avec du jazz, des musiques du monde, du jazz rock, c'est quelque chose qui m'a beaucoup inspiré. Et puis plus récemment j'aime beaucoup la vague de Brooklyn avec les Dirty Projectors, Chairlift, MGMT...

Et pourtant tu chantes en français.

Exact, je chante en français parce que je suis français et que je suis très mauvais en anglais et pour moi c'est beaucoup plus facile d'appendre mes textes en français, de les écrire et d'exprimer les choses que j'ai envie d'exprimer. Je trouve surtout que c'est une langue très belle et avec Moodoïd je voudrais vraiment pouvoir m'adresser à un public anglo-saxon, un peu comme moi j'ai pu écouter la musique anglo-saxonne sans forcément comprendre les textes et me laisser emporter par des mélodies. C'est un de mes challenges avec Moodoïd, que des anglophones puissent écouter mes chansons en entrant dans les mélodies et les sonorités des mots plus que dans une compréhension du texte. Mes textes c'est des images, c'est pas de la poésie ou des trucs engagés, il n'y a pas une tradition française du texte dans Moodoïd, le texte est plus une sorte d'accessoire à la mélodie.

 

 

 

Télécharger le premier EP de Moodoïd sur iTunes

Cover : Gabriel Weber

Crédits photos : Fiona Torre

 

 

Moodoïd est également présent sur la compilation "Année 1" de Entreprise et a repris pour l'occasion une version française du mythique "Falling" de Julee Cruise et Angelo Badalamenti.

Ecouter "Tomber" sur Soundcloud

 

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