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Nov27

Interview Juniore

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Rencontre avec Anna Jean et Samy Osta

Interview Juniore

Par Benjamin Lépine

A l’origine de Juniore, il y a une longue (jeune) dame brune, obsédée par la pop française des années soixante, chanteuse pour les autres (Bot’Ox, Jackson And His Computer Band, Jérôme Echenoz…), discrète mais sûre de ses choix. Alors qu’elle s’apprêtait à monter sur la scène des Trois Baudets, Anna Jean nous a raconté les tenants et les aboutissants du projet.

« J'ai grandi aux Etats Unis, au Nouveau Mexique, c'est vraiment le désert, c'est un Western, et j'y suis retournée y’a pas très longtemps parce que j'avais encore de la famille là-bas. J'avais gardé un souvenir complètement fantasmé, c'était merveilleux et j'avais envie de revivre ça. Arrivée là-bas, j'ai commencé à écrire des chansons, en français bizarrement. Et j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui en est resté. Parce qu'il y a un côté un peu western dans ce qu'on a fini par faire. J'ai le sentiment que c'était le fait d'être là-bas dans ce cadre hyper américain, au fin fond des Etats Unis et à la fois complètement nostalgique de la France, c'est cette espèce de mélange qui a donné ce truc un peu bizarre.

Voir le teaser du premier EP de Juniore

Anna Jean : "J'ai pas envie de me retrouver toute seule."

D'où est venue l'idée de faire un groupe de filles ?

J'avais envie de faire ce projet avec des filles en particulier, avec des amies que je connais depuis très longtemps comme Laurence que je connais depuis l'école primaire. Au fur et à mesure ce sont greffées d'autres filles et puis on s'est dit "ah tiens, on est quasiment que des filles" jusqu'au moment où Samy nous a rejoint, on était un groupe de filles plus un garçon, en gros c'était un hasard, c'était pas du tout voulu.

Comment se sont répartis les rôles dans le groupe ?

J'écris les morceaux, ça doit faire à peu près trois ans que j'ai cette idée de projet en forme d'exercice de style, une espèce de mélange des genres, emprunter certains éléments des années 60 avec un petit quelque chose d'aujourd'hui, j'ai commencé à y réfléchir et au fur et à mesure j'ai écrit plein de morceaux, je les ai montrés à Samy, on a commencé à enregistrer et de ça sont sortis une dizaine de titres dont les deux qui viennent de sortir en vinyle. Maintenant on commence à se mettre à plusieurs pour l'écriture mais c'est moi qui ai un peu lancé le wagon.

Tu as multiplié les featurings sur des projets plutôt électro, pourquoi avoir choisi le format du groupe plutôt qu'un projet solo ?

Je pense que la musique est foncièrement un truc de partage, j'aime beaucoup l'écrire seule, c'est difficile d'écrire à plusieurs, il faut prendre l'habitude et trouver les bonnes personnes, c'est pas évident. Mais après quand il est question de la faire c'est beaucoup plus sympa à plusieurs, j'ai pas envie de me retrouver toute seule.

Et le choix de chanter en français alors qu'aujourd'hui tout le monde privilégie l'anglais ?

Oui, j'ai commencé à écouter plus de musiques en français et j'ai découvert plein de choses, j'ai donc eu envie de rendre hommage à ces musiques que j'aimais bien. Et puis c'est moins emprunté parce que je suis française, ça me paraît plus sincère, plus honnête d'écrire en français.

La première chose qui m'est venue à l'esprit en entendant "Christine" c'est Françoise Hardy, c'est une influence assumée ?

Oui, beaucoup, je suis même pas loin d'être passionnée de Françoise Hardy, de ses débuts. J'avais envie de lui rendre un peu hommage, surtout pas une imitation parce que j'arriverai jamais à faire aussi bien mais un petit clin d'œil.

L'album de Domingo était dans un style épuré, Juniore a un son beaucoup plus travaillé...?

On y a réfléchi beaucoup avec Samy, moi j'avais très envie de faire quelque chose qui soit de l'ordre de l'exercice de style et lui m'a dit que ce serait une erreur, qu'on ferait jamais aussi bien, on arriverait jamais à retrouver les mêmes sons, les mêmes textures, la même magie parce que ça demandait beaucoup de matériel, du matériel qui n'existe plus et puis on n'a pas la même façon d'enregistrer aujourd'hui. Du coup, il a vraiment poussé vers quelque chose de plus moderne et essayé de trouver une forme d'originalité dans la production et le mélange de la composition qui est imprégnée d'une époque et d'un genre et de rajouter à ça des sonorités et une façon de travailler plus modernes.

Qu'est-ce que tu peux écouter comme musique aujourd'hui ?

J'écoute beaucoup des vieilleries à vrai dire, après je suis sensible à plein de choses différentes, j'aime beaucoup l'électro, le rap... Ca peut paraitre étrange mais j'aime beaucoup le rap, de The Pharcyde à NTM. Sinon, évidemment j'aime beaucoup La Femme et pour le coup pas du tout parce que Samy à travaillé avec eux.

Vous avez un style assez proche de La Femme

Oui mais je pense qu'ils ont un propos assez différent, je les trouve profondément modernes

Vous vous apprêtez à monter sur scène, vous avez l'intention d'en faire davantage ?

On est au tout début, pour l'instant c'est un peu fragile, on était très nombreuses au départ, y avait plein de filles puis ça fluctue parce qu'on à toutes des boulots le jour donc c'est un peu difficile de s'organiser mais à terme oui, j'aimerais bien qu'on puisse faire plus de scène, voyager et faire des choses sympas avec ça.

Et faire un album ?

Voilà, faire un album aussi ça serait chouette, dans l'idéal, peut-être l'année prochaine. »

Samy Osta : "J'ai l'impression de prendre des photos."

Après son interview, Anna Jean me demande si je veux voir un autre membre du groupe et me propose illico de m’envoyer Samy Osta : « Samy a toujours plein de choses à dire. ». Samy Osta est un des producteurs les plus en vue du moment (Rover, La Femme, Jackson…). Pour la petite histoire, Samy et Anna formaient le duo Domingo et se sont retrouvés sur de nombreux projets (Bot’Ox, Jackson…)

Comment es-tu arrivé sur ce projet ?

Je travaille avec Anna depuis environ sept ans, on a monté un projet ensemble qui s'appelait Domingo, et il y a un an, un an et demi, elle m'a parlé de cette envie, déjà elle est tombée complètement amoureuse de la musique française des années 60, et elle me parlait de son envie de créer un projet dans cette veine, elle m'a fait écouter les maquettes et on est parti de ça.

En quoi consiste le travail de production pour toi ?

Le travail de production pour moi c'est pouvoir mettre un artiste dans un endroit avec une certaine atmosphère, certains instruments, pour qu'il délivre une version d'une chanson la plus complète possible au niveau de l'émotion, de l'interprétation, des techniques et tout ça. La production pour moi c'est un encadrement. Après évidemment, c'est enregistrer des sons, mettre des effets, choisir des couleurs mais surtout c'est l'encadrement psychologique. J'ai l'impression de prendre des photos. Par exemple, Anna va chanter aujourd'hui une chansons qui s'appelle "Dans le noir" d'une certain façon mais demain elle va la chanter différemment. Et donc quand j'enregistre j'ai l'impression de déclencher un appareil photo.

T'as travaillé sur pas mal de projet dernièrement, Louis Chedid, Rover, Jackson, comment se sont faits tous ces contacts ?

C'est un peu le fruit du hasard, j'ai travaillé dans le studio de Third Side qui était un des locaux où y avait le studio de Jackson, le studio de Bot'Ox, c'est d'ailleurs comme ça qu'Anna a travaillé avec les deux, moi je faisais les guitares pour Jackson, elle est venue chanter. Pour ce qui est de La Femme, j'ai commencé avec eux. Le tout premier EP qu'ils ont sortis avec "Sur la planche" était signé chez Third Side dans un format qui s'appelait le Podium, en vinyle. Pour Rover et Louis Chedid, c'est le label qui est venu me chercher. Faut vraiment être au bon endroit au bon moment.

Le projet Juniore, ça peut aller jusqu'à l'album ?

Pour l'instant le projet Juniore ne se projette pas parce qu'on trouve que c'est trop compliqué aujourd'hui de se projeter dans la musique sans être déçu. Etant donné qu'on fait de la musique par ailleurs, on fait pas ce projet pour ça, c'est un projet décontraction, détente. On a des 45 tours d'avance, trois en tout. Y en a un qui vient de sortir, le prochain en février et le suivant en avril-mai, pour l'instant on va sortir à coup de 45 tours comme ça.

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Crédits photos : Sandra Matamoros

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